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LE FILM DOCUMENTAIRE DE CREATION TRACE SON CHEMIN EN MIDI-QUERCY

L’action de l’association du Fond et la Forme : une référence en termes de cohérence de projet d’ensemble

vendredi 28 octobre 2011, par Corinne Trevisan

Lorsqu’on demande à Jean-Michel Filiquier et Béatrice Amiel, piliers de l’association Le Fond et la Forme, si « les Hivernales du documentaire », représentent une action pédagogique pour faire découvrir le genre « film documentaire de création » au grand public, ceux-ci nous répondent un « non » catégorique et ajoutent «  qu’il s’agit avant tout d’un évènement culturel du même type que tout autre festival dont le fil conducteur reste le spectacle ! ». Faire rêver les gens, leur faire partager un film, une œuvre, une passion, les amener à se questionner sur des faits de société, voilà l’objectif de leur démarche. « Que fait-on de la matière qu’on a pour faire débattre les gens ? », sans parler de militantisme, la programmation des Hivernales suscite la réflexion et ouvre sur le débat. C’est leur manière particulière de « faire bouger les choses de l’intérieur ».

Le choix des films présentés lors du festival relève avant tout de l’envie de Jean-Michel et Béatrice de vouloir partager leurs coups de cœur cinématographiques : « Le cinéma c’est avant tout un langage émotionnel ». Le film documentaire de création est un genre qui travaille le réel avec un auteur, « c’est une manière de découvrir le monde à travers le regard de personnes qui s’investissent dans un sujet et de donner ainsi accès à un univers que le public ne connait pas ». Bien sûr, le travail de sélection en amont nécessite également la prise en compte de certains critères notamment l’intégration du contexte, « il faut qu’il y ait une résonnance avec le lieu », chaque projection est pensée en fonction du public qu’elle peut toucher. Comment cibler les attentes du public sans un travail d’écoute au préalable ? « Etre à l’écoute de ce qui se dit, être ouvert sur les autres est essentiel ».

On pourrait se demander ce qui pousse le public à se déplacer le soir en plein hiver pour visionner un film dans une salle des fêtes alors que l’on pourrait très bien se procurer un dvd et rester au chaud chez soi ? La curiosité, c’est certain mais aussi ce qui fait leur particularité : Sylvie Lafon, une inconditionnelle de la programmation du Fond et la Forme nous l’explique très bien :

« Avant chaque séance, Michel ou Béa nous mettent en bouche. Et là…calez-vous dans votre fauteuil, ôtez vos chaussures si elles vous étreignent un peu, respirez calmement : vous allez décoller. Le tableau va se créer pas à pas. On nous parle de la vie du réalisateur, des conditions de tournage, de l’époque au moment de la réalisation, de la situation sociale, politique… et peut-être même de l’âge du capitaine si l’occasion se présente (…) Et c’est grâce à cette entrée en matière que , le même documentaire que nous aurions regardé, seul, devant notre écran devient, pour nous, une œuvre d’art que nous pouvons accueillir avec conscience ».

Le fait est que les Hivernales ont ouvert sur de nouvelles références culturelles que certains viennent approfondir lors des Mardis du doc à la médiathèque de Nègrepelisse. Ces soirées, plus intimistes, entrent en complémentarité du Festival. La vocation des Mardis du doc réside essentiellement dans les notions de découverte et d’approfondissement. Il s’agit de montrer des films qui font partie du répertoire « même s’il ne nous touchent pas, comme les films que nous proposons aux Hivernales » précise Jean-Michel Filiquier, « ce sont des références à voir absolument ».

On voit ainsi une progression dans ces cycles de projections que les habitués de ces rendez-vous suivent avec assiduité et engouement, à l’image de Sylvie Lafon pour qui le déplacement depuis son domicile dans le Lot n’est pas un problème : « Ici, c’est nous qui nous déplaçons et ce voyage est à mettre à l’actif de notre démarche, comme si nous allions retrouver un être cher à qui nous allons rendre visite régulièrement. » On entend parmi le public des Mardis du Doc la même motivation : « ce rendez-vous, c’est notre rayon de soleil de l’hiver ». Micheline Perrone, nous explique que la première fois qu’elle s’est intéressée aux Hivernales, elle ne s’était pas rendue à la projection prévue sur Montpezat, pourtant son lieu de résidence car le sujet ne l’intéressait pas. Elle ajoute que suite à sa première sortie pour le festival, elle avait compris que l’essentiel dans ce genre cinématographique ne résidait pas dans l’objet traité mais la forme, la façon dont le film est fait. Depuis elle donne la priorité à autre chose et ne se pose même plus la question du sujet lorsqu’elle se rend systématiquement aux rendez-vous des Hivernales et des Mardis du Doc, elle a été conquise par le film documentaire de création et surtout par la façon dont Le Fond et la Forme le présente au public.

Du côté de Sabine Tortissier, directrice de la médiathèque de Nègrepelisse et coordinatrice du réseau de lecture publique de la communauté de communes Terrasses et Vallée de l’Aveyron : « Faire appel aux forces vives locales était une évidence, le professionnalisme de l’association Le Fond et la Forme est gage de confiance. Chaque commune affiche une spécificité, notre salle de projection et sa programmation contribuent à nous démarquer. »

Pour Jihan Ghiati-Chardon, chef de projet culturel au Pays Midi-Quercy, le travail du Fond et la Forme est une référence sur le territoire en termes de cohérence du projet d’ensemble : « la qualité des programmations, l’exigence qui les guide, la résonnance avec les lieux et le public pour les Hivernales du documentaire, l’adhésion des habitants, l’appropriation de ce projet par les collectivités, les acteurs locaux associatifs ou institutionnels, la reconnaissance par les partenaires, l’inscription dans des réseaux professionnels sont autant de signes d’intérêts manifestes pour le territoire. »

Le développement des activités de l’association vient renforcer cet intérêt : projets « culture à l’hôpital », « Ecole et cinéma », « cinéma au collège » et « lycéens et jeunes au cinéma », « Mardi du documentaire », la WEB TV « Place de la halle », projet de communication, médiation, création, diffusion et production via le canal numérique. Des projets qui montrent la connaissance de son environnement par l’association et la maîtrise des projets multi partenariaux. La diversité des activités montre également la capacité de l’association à diversifier ses ressources et ainsi à consolider les actions.

Les propositions artistiques et culturelles de l’association constituent aujourd’hui des rendez-vous majeurs et attendus par les habitants du Pays mais aussi des territoires voisins. Le travail de fond conduit par l’association depuis 2004, touche toutes les générations et des publics extrêmement variés, contribue à la formation de citoyens « mieux éclairés » et par les débats engagés, participe de la formation d’une conscience collective dynamique.

Programmation du Festival des Hivernales du Documentaire disponible ci-dessous : http://leshivernalesdudoc.free.fr/accueil.htm

Informations sur les Mardis du Doc à la médiathèque de Nègrepelisse ci-dessous : http://cctva.agate-sigb.com/rechercher/portail.php

 

 

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